African Academy of Legal Theory
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L’histoire de l’arbitrage n’est pas une simple succession de normes : elle est une onde longue, une vibration continue où le droit épouse les exigences du commerce. Dès le XVIIᵉ siècle, John Locke a compris ce que le monde globalisé confirme aujourd’hui avec force : le commerce ne prospère que là où le règlement des différends est rapide, fiable et affranchi de la lourdeur judiciaire. La Loi sur l’arbitrage de 1698, véritable acte fondateur, a insufflé au droit anglais une politique pro-arbitrage visionnaire, érigeant l’autonomie des parties et l’efficacité normative en piliers de la sécurité juridique.
Cette intuition lockéenne traverse les siècles et se retrouve, amplifiée, dans l’action contemporaine de la Commission des Nations Unies pour le droit commercial international (CNUDCI). En promouvant les modes alternatifs de règlement des conflits (MARC) comme réponse structurelle aux limites du contentieux étatique, la CNUDCI s’inscrit dans une filiation intellectuelle directe : celle d’un droit conçu non comme obstacle, mais comme accélérateur des échanges.
À l’occasion des 60 ans de la CUNDCI et en hommage à Emmanuel Gaillard, l’Académie africaine de théorie du droit réaffirme que l’arbitrage n’est pas seulement un instrument de règlement des différends, mais un espace de réflexion philosophique, théorique et stratégique. Héritier d’une longue tradition humaniste, il renaît tel le phénix face aux pressions du marché et de la technique, affirmant la force de la clause fondée sur l’autonomie de la volonté. Crucial dans les secteurs pétrolier, gazier et des minerais critiques, où capitaux, technologies et asymétries de pouvoir engendrent des différends complexes, l’arbitrage international interroge sa nature, son ancrage et son ordre juridique autonome. Comprendre ces débats, c’est saisir l’arbitrage comme moteur de légitimité, d’innovation et d’éthique, et positionner l’Afrique au cœur du dialogue global sur la justice privée et la gouvernance économique transnationale.